Améliorer les traitements dirigés contre l’interféron alpha dans le Lupus Systémique

par : Alexis Mathian et Clara Mellot

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Contributeurs
15
Jours restants
comment ça marche ?


Ce projet de recherche est soutenu par le Programme Lupus France pour la Recherche.

À propos de ce projet

Le Lupus Systémique (LS) est une maladie auto-immune dont les causes précises restent inconnues. La maladie affecte préférentiellement les femmes jeunes. Le plus souvent, la peau et les articulations sont atteintes, entraînant un handicap important dans la vie quotidienne. De plus, dans presque un cas sur deux, les patients peuvent souffrir d’atteintes sévères au niveau des reins, du cerveau, du cœur, ou encore des cellules du sang. Les progrès de la prise en charge ont considérablement amélioré le pronostic de cette maladie, mais les formes graves de lupus gardent un pronostic qui peut être sévère. Dans ces formes graves, il n’y a pas eu de nouveau traitement depuis plus de 40 ans. Aujourd’hui, cependant, plusieurs nouveaux médicaments sont en développement. Ils devraient, en plus d’une efficacité accrue, permettre aussi de diminuer les effets secondaires des corticoïdes et des immunosuppresseurs actuellement utilisés.

Chez les patients lupiques, on trouve en quantité excessive des molécules inflammatoires appelées interférons. Ces molécules servent habituellement à « interférer » contre les infections virales, c’est-à-dire à les combattre. Les interférons agissent sur toutes les cellules de l’organisme pour activer le système immunitaire et induire l’inflammation. Dans le lupus, cette activation excessive et permanent, devient délétère et aboutit à l’inflammation retrouvée dans cette maladie. Les interférons sont une famille d’environ 15 membres différents les uns des autres : les interférons-alpha (13 molécules différentes), l’interféron-beta et l’interféron-gamma. De nombreux médicaments bloquant les interférons sont en développement pour traiter le LS mais l’efficacité de ces traitements a pour l’instant été limitée par le fait que l’identité des interférons impliqués dans le LS n’est pas connue. Cette donnée manquante est néanmoins indispensable car il n’existe actuellement aucun traitement capable de bloquer l’ensemble des 15 interférons. Dans notre service, nous étudions les interférons dans le Lupus Systémique depuis de nombreuses années et le développement récent de deux nouvelles technologies peut nous aider à caractériser précisément les interférons impliqués dans le lupus. Cette découverte permettra d’utiliser au mieux les nouveaux traitements pour cibler les interférons, augmenter leur efficacité et diminuer ainsi leurs effets secondaires.

Etapes

L’objectif de notre travail est de caractériser les interférons présents dans le sang des patients lupiques, notamment quand leur maladie est active. Pour ce faire, des échantillons sanguins seront prélevés lors des prises de sang que l’on fait régulièrement au cours du suivi de la maladie et lors des poussées. Les données médicales liées au lupus seront analysées (manifestation de la maladie, traitement…). A partir des prélèvements sanguins, nous caractériserons avec une première technique innovante (la PCR microfluidique), les 13 interférons-alpha produits chez les patients. Avec une deuxième technique innovante (l’ELISA digital) nous doserons l’interféron-beta et gamma. Ces deux techniques innovantes permettent de caractériser précisément chez un même malade et simultanément les 15 molécules d’interféron habituellement difficiles à doser par les techniques classiques. Nous avons la chance de disposer de ces technologies rares dans notre laboratoire.

Les prochains traitements du lupus systémique devront cibler principalement les interférons que nous aurons identifiés. Les perspectives de ce projet sont d’identifier les cellules responsables de la sécrétion des interférons ; ceci permettra de cibler la source de la production à arrêter pour traiter les malades. Notre travail s’effectuera sur 6 à 12 mois.

Budget : 22 500 €

Libellé
Montant
Le matériel (Elisa digital SimoaTM et PCR microfluidique FluidigmTM)
12 500 €
Consommable de laboratoire et petits matériaux, dépenses de plateforme
2 000 €
Salaire brut technicien laboratoire (4 mois)
8 000 €

Au cours de notre recherche dans ce domaine nous avons déjà été financés par la fondation Arthritis Courtin (30 000 € en 2015), la Fondation pour la Recherche Médicale (30 000 € en 2016), la Société Française de Médecine interne (10 000 € en 2016) et la FAI²R, la filière de santé des maladies auto-immunes et auto-inflammatoires rares (10 000 € en 2018).

Nous aimerions poursuivre notre travail grâce à un financement participatif.

Approuvé par

Hervé Devilliers

Médecin-Chercheur

Depuis plusieurs années, le Dr Mathian et l’équipe du Pr Gorochov travaillent sur le Lupus Systémique, à l’hôpital comme au laboratoire.

Le Lupus est une maladie qui peut être très sévère, touchant des patientes jeunes.

En parallèle de l’activité de suivi et traitement des patients atteints de lupus, l’activité du laboratoire vise à comprendre les causes du lupus, afin d’affiner les pistes de nouveaux traitements. En effet, un seul nouveau traitement a pu être développé ces 40 dernières années.

L’étude des interférons est une voie de recherche très prometteuse, bien connue du laboratoire. Ils disposent d’outils de dosage cytokinique précis qui ouvrent de nouvelles perspectives.

Le projet des Dr Alexis Mathian et Clara Mellot est clair, précis, réalisable, et pertinent.

Les retombées de ce type de connaissances sont multiples : clinique (suivi, surveillance, décision thérapeutique), et en recherche (traitements anti interférons).

Les nouvelles technologies ont un coût conséquent. Bien que ce projet soit avancé et ait déjà reçu le soutien de plusieurs institutions, la suite du projet nécessite d’importants financements.

Dans ce cadre, l'appel à une plateforme de financement participatif me semble tout à fait justifié. Ce projet est intéressant, pertinent sur le plan scientifique et mérite d'être soutenu.

J'invite et j'encourage chacun à contribuer à la réalisation de ce projet afin d'améliorer la prise en charge des malades lupiques.

Zahir Amoura

Médecin-Chercheur

Le projet des Dr Alexis Mathian et Clara Mellot porte sur le Lupus Systémique, maladie connue et traitée dans notre centre de référence depuis de nombreuses années. Notre expertise dans ce domaine nous permet de définir des objectifs de recherche pertinents et réalistes, inspirés de notre expérience quotidienne dans le suivi de nos patientes.

L’idée est de préciser les origines de la maladie pour pouvoir améliorer les cibles de nouveaux traitements.

La place centrale des interférons a été prouvée, mais reste à préciser.

Je soutiens et j’encourage ce travail de recherche.

Ce projet est réalisable, s’appuie sur une longue expérience, et a de solides bases scientifiques.

J’encourage tous ceux qui le souhaitent à contribuer et participer à la recherche pour le Lupus Systémique.